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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 15 juillet 2020

Écouter la science…



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Ces dernières années, nos dirigeants politiques se targuent d'être des gouvernements à l'écoute de la science. Cela indique la reconnaissance par la classe politique du problème du manque de crédibilité du champ politique. Cette idée que la science soit le nouveau nirvana de la condition humaine a encore pris plus d'ampleur et de tirant pendant la pandémie. Au nom de la science, on a empiété sur les droits et les libertés auxquels nous sommes habitués dans nos sociétés libres et démocratiques. Loin de moi l'idée de remettre en question le bien-fondé de ces limitations justes et raisonnables. Toutefois, il m'apparaît important de réfléchir ensemble sur ce qu'est la science. Incursion dans les présupposés philosophiques qui fondent nos croyances en une science universelle et objective.

La grande rupture kantienne

Cette idée d'une science qui façonne et conditionne l'univers des humains prend appui sur la révolution copernicienne et qui a été vraiment mise en mot et en concepts par le philosophe des lumières, Emmanuel Kant qui a vécu de 1724 à 1804. Philosophe allemand qui a écrit des textes qui ont permis de rompre avec les croyances et fondements de la civilisation grecque et avec le christianisme. Kant a été le grand penseur de l'Auflklänrung soit le siècle des Lumières. Époque fondatrice de l'émergence de la pensée critique et d'un idéalisme transcendant. La pensée de Kant a exercé une influence considérable sur l'idéalisme allemand, la philosophie analytique, la philosophie moderne, la phénoménologie et la pensée critique. Auteur d'un œuvre considérable, Emmanuel Kant se centre sur trois piliers soit la Critique de la raison pure, la Critique de la raison pratique et la Critique de la faculté de juger.

Je ne veux perdre personne. Ce n'est pas un essai philosophique que je vous écris ce matin. Dit en mots simples, avant Kant, on pensait que le monde, le cosmos était immuable et que le destin des humains était de repérer leur place dans cet univers et de s'y plaire c'est ce que les Grecs appelaient une vie bonne et juste. Or, les trouvailles de Copernic qui a découvert que la terre tournait autour du soleil et que le monde n'était pas immobile comme le croyaient les Grecs ont entraîné de grandes conséquences sur la suite des choses. La plus grande d'entre toutes est que cette théorie a profondément chambardé les points de vue scientifique, philosophique et religieux et cela est connu comme la révolution copernicienne. C'est dans ce contexte que Kant a élaboré son œuvre et que son idée d'une pensée critique faisait en sorte que dorénavant le monde ne nous était pas donné par un Dieu par exemple, mais construit par l'observation des femmes et des hommes. D'où la naissance de la science dans nos vies. C'est fortement simplifié je l'admets, mais ça ressemble à cela en vous faisant l'économie de nombreux débats, concepts et théories qui font la joie des savants philosophes de notre monde.

La science est-elle neutre ?

Quoi que l'on puisse en penser même si nous faisons tous des efforts d'objectivation pour neutraliser nos opinions et nos convictions, il est impossible d'avoir une opinion objective et neutre. Le philosophe Paul Ricœur a bien traduit cela en écrivant qu'il existe toujours une tension « entre une objectivité à jamais incomplète et la subjectivité d'un regard méthodique qui doit se déprendre d'une partie de soi-même en se clivant en une bonne subjectivité "le moi de recherche" et une mauvaise "le moi pathétique". »

En conséquence, même si la recherche scientifique est une entreprise collective qui amène de nombreux progrès, la recherche actuelle pour un vaccin contre la COVID-19 en témoigne éloquemment. Il n'en demeure pas moins que derrière ces hypothèses, ces tableaux et graphiques, ces cartes, ces équations mathématiques et ces statistiques, il y a toujours en arrière-plan des personnes qui ont des croyances sur les plans culturels, sociaux et religieux. Des croyances et des valeurs très diverses. Alors, est-il possible pour ces chercheurs et ces scientifiques de faire abstraction de leurs convictions métaphysiques et religieuses dans l'exercice de la science ? Les présupposés relevant de la vision du monde des chercheurs interviennent-ils dans l'activité scientifique ? La foi joue-t-elle un rôle dans les travaux de laboratoire, si oui lequel ?

C'est pourquoi il importe que les chercheurs et les scientifiques soient conscients de leur biais et qu'il les dénonce à leurs pairs afin que cela soit partie de leurs découvertes et théories. Ce n'est pas d'avoir des croyances ou des convictions qui invalident les recherches scientifiques, mais de les masquer et de refuser de les dévoiler. La science n'est pas neutre, mais elle doit tendre à l'honnêteté et à la totale transparence et à l'évaluation des pairs.

La politique et la science

Vous comprenez mieux pourquoi maintenant le début de cette chronique où je m'interrogeais sur cette idée souvent répétée par les politiciens qu'il faut faire confiance à la science et que ce n'est que la science qui dicte leurs décisions. Comme la science n'est pas neutre et que souvent cette science n'a pas de réponses à formuler à nos interrogations, est-il prudent de s'en remettre à la science comme d'autres s'en remettent à Dieu ? Poser la question c'est y répondre.
C'est pourquoi il faut à mon sens faire confiance au bon jugement des personnes qui nous représentent tout en espérant qu'ils fassent les meilleurs choix.

Le sociologue Max Weber a divisé les comportements éthiques de nos dirigeants en deux types clairs l'éthique de conviction ou l'éthique de responsabilité : « Il est indispensable que nous nous rendions clairement compte du fait suivant : toute activité orientée selon l'éthique peut être subordonnée à deux maximes totalement différentes et irréductiblement opposées. Elle peut s'orienter selon l'éthique de la responsabilité ou selon l'éthique de la conviction. Cela ne veut pas dire que l'éthique de conviction est identique à l'absence de responsabilité et l'éthique de responsabilité à l'absence de conviction. Il n'en est évidemment pas question. Toutefois il y a une opposition abyssale entre l'attitude de celui qui agit selon les maximes de l'éthique de conviction - dans un langage religieux nous dirions : "Le chrétien fait son devoir et en ce qui concerne le résultat de l'action il s'en remet à Dieu" - et l'attitude de celui qui agit selon l'éthique de responsabilité qui dit : "Nous devons répondre des conséquences prévisibles de nos actes." Vous perdrez votre temps à exposer, de la façon la plus persuasive possible, à un syndicaliste convaincu de la vérité de l'éthique de conviction que son action n'aura d'autre effet que celui d'accroître les chances de la réaction, de retarder l'ascension de sa classe et de l'asservir davantage, il ne vous croira pas.

Lorsque les conséquences d'un acte fait par pure conviction sont fâcheuses, le partisan de cette éthique n'attribuera pas la responsabilité à l'agent, mais au monde, à la sottise des hommes ou encore à la volonté de Dieu qui a créé les hommes ainsi. Au contraire le partisan de l'éthique de responsabilité comptera justement avec les défaillances communes de l'homme (car, comme le disait fort justement Fichte, on n'a pas le droit de présupposer la bonté et la perfection de l'homme) et il estimera ne pas pouvoir se décharger sur les autres des conséquences de sa propre action pour autant qu'il aura pu les prévoir ». Max Weber, Le Savant et le Politique (1919), trad. J. Freund revue par E. Fleischmann et É. de Dampierre, coll. « Bibliothèques », 1963, p. 206-207.

Vous aurez compris que mon texte, loin de vouloir dénigrer la science souhaite que l'on réfléchisse au fait que la science n'est pas neutre et, dire que la science guide toutes les décisions d'un gouvernement comme argument suprême d'autorité ne me convainc pas. Néanmoins, il faut écouter la science...


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